Philosophie de design
Économie de construction et d’entretien, stratégie accessible à tous les niveaux, greens subtils, bunkers sobres et utilisation intelligente du paysage méditerranéen ou forestier.
Javier Arana est la figure fondatrice de l’architecture de golf espagnole. Né en 1905 à Bilbao, il grandit dans un milieu où le golf restait encore une pratique très minoritaire, liée à quelques clubs de la côte basque et aux relations internationales de familles aisées. Il devint l’un des meilleurs amateurs espagnols de l’entre-deux-guerres, remporta des compétitions en Espagne et à l’étranger et représenta son pays. Sa culture sportive dépassait le golf : excellent navigateur, il participa aux Jeux olympiques de 1928. Cette expérience de joueur, d’arbitre et de capitaine national lui donna une compréhension très large de la compétition. Arana ne se contenta pas de jouer. Il étudia les parcours, travailla comme greenkeeper, suivit les questions d’entretien et participa en 1932 à la fondation de la Fédération espagnole de golf. Après la guerre civile, il fut directement impliqué dans la reconstruction ou la remise en état d’une grande partie des parcours espagnols. Cette période de pénurie façonna sa philosophie : un bon parcours devait être stratégique, durable, économique à construire et raisonnable à entretenir. Il ne réalisa qu’une douzaine de créations majeures, mais leur qualité fut exceptionnelle. El Saler, entre pinède, dunes et Méditerranée, est généralement considéré comme son chef-d’œuvre. Le parcours Negro du Club de Campo Villa de Madrid, Ulzama, Aloha, Guadalmina et les différentes incarnations d’El Prat montrent sa capacité à adapter la stratégie à des paysages très différents. Arana défendait le par non par une accumulation d’obstacles, mais par le placement, l’orientation des greens et la relation entre le drive et le coup suivant. Ses trous restent accueillants pour le joueur moyen tout en exigeant une grande précision du champion. Les bunkers sont souvent peu nombreux mais parfaitement situés. Les greens possèdent des pentes fines qui rendent la position d’approche déterminante. Arana mourut en 1975. Longtemps insuffisamment connu hors d’Espagne, il est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands auteurs européens du XXe siècle. Son héritage réside autant dans ses parcours que dans une doctrine moderne : le dessin doit servir le jeu, le paysage et l’économie réelle du club.
Économie de construction et d’entretien, stratégie accessible à tous les niveaux, greens subtils, bunkers sobres et utilisation intelligente du paysage méditerranéen ou forestier.
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